ELITE 2012 – Entrevue avec David Hubert et Pierre Perifel, Dreamworks

24 mai 2012

1. Parlez-nous de vous. Quel est votre cheminement professionnel ?
David : J’ai gradué du Collège Inter-Dec en 2000. Malgré un intérêt particulier pour le surfacing et éclairage, c’est en temps qu’animateur que j’ai débuté ma carrière chez TVA International. Après quelques années à Montréal, qui ont culminé avec un poste de lead animator sur Pinocchio 3000, j’ai décidé de partir à l’aventure et de poursuivre ma carrière à l’étranger afin de découvrir le monde. Marseille, Sidney, Londres, Los Angeles et plus récemment Bangalore en Inde, m’ont incroyablement enrichi au niveau professionnel et personnel. S’adapter à de nouvelles cultures, de nouveaux environnements, différentes infrastructures et manières de faire m’ont donné une bonne perspective sur le monde de l’animation. J’ai travaillé dans les meilleures et les pires conditions imaginables, côtoyé des artistes exceptionnels et d’autres moins exceptionnels et j’ai eu la chance d’apprendre des meilleurs. Aujourd’hui, j’enseigne à ceux qui, comme moi il y a plusieurs années, espèrent un jour vivre de leur passion.

Pierre : Après une formation d’illustrateur et dessinateur à l’école Emile Cohl de Lyon en France, j’ai intégré l’école des Gobelins en 2002. Trois ans plus tard, je suis sorti riche d’une formation de qualité en dessin d’animation, mais qui s’est avérée, à terme, n’être que le sommet de l’iceberg d’un monde fascinant. Après quelques années passées à Paris à travailler sur des long métrages et séries 2D en tant qu’animateur, storyboarder ou character designer, j’ai quitté la France et l’animation 2D, pour rejoindre les États-Unis et découvrir l’animation CG à Dreamworks. Ironie du sort, ma première expérience à Los Angeles a été en animation traditionnelle sur le DVD spécial Kung Fu Panda : Secret of the Furious Five. J’ai ensuite rejoint les rangs des animateurs CG de Dreamworks et j’ai travaillé sur Monsters VS Aliens, Shrek 4 et Kung Fu Panda 2 où j’ai découvert le rôle de character lead, en prenant en charge le développement du vilain. Sur le film Rise of the Guardians, j’officie en tant que superviseur d’animation, une fonction qui me permet en outre de m’épanouir dans un rôle didactique et de leader, à l’instar des cours ou des classes de maître que je donne de temps à autre en Europe ou Asie.

2. En quoi consiste votre classe de maître?
Il s’agit d’un exposé sur l’aspect physique d’une animation de personnage. L’anatomie humaine, les lois de la physique, le langage corporel, l’étude du mouvement réaliste, son adaptation graphique et différentes techniques d’animation ne sont que quelques-uns des sujets traités.

3. À qui s’adresse votre classe de maître?
Ces lois d’animation sont universelles et s’adaptent à tous les médiums. Bien sûr, cette classe s’adresse principalement aux animateurs (film d’animation, effets visuel, jeu vidéo, etc.), mais aussi riggers et modeleurs. Une bonne connaissance de l’anatomie humaine et des amplitudes de mouvement requises par l’animateur sont essentielles pour la conception (modeling) et préparation (rigging) d’un personnage virtuel.

4. Que vont apprendre les participants ?
Tout ce que nous avons appris des meilleurs de l’industrie à propos de ce sujet.

5. Un petit mot aux futurs participants?
Cette présentation est axée sur la qualité d’exécution d’une animation de personnage. Nous ne parlerons pas du jeu d’acteur, de personnalité du personnage ou de logiciels utilisés en animation mais l’on se concentrera sur la justesse de l’aspect physique d’une animation.

Avant d’écrire une œuvre complète, l’écrivain doit apprendre à écrire sans faire de faute, cela est tout aussi vrai en animation. S’il est vrai que le but ultime de l’animateur est de communiquer l’émotion par un jeu d’acteur original, authentique et juste, animer en respectant les lois de la physique et les limitations de l’anatomie d’un personnage est un pré-requis à la création d’une animation de qualité.

Au plaisir de vous rencontrer et partager avec vous ce que nos mentors nous ont eux-mêmes appris au fil de nos carrières respectives.