Simon Garant, grand gagnant du concours d’animation au Japon!

Simon Garant, diplômé du programme en animation 3D et effets visuels en cinéma et télévision, session automne 2009, a remporté, dans le cadre du concours d’animation au Japon le Digital Creators Competition 2010, la Bourse Québec d’une valeur de 100 000 yen soit 1000$ pour son film d’animation « Thomas » ainsi qu’un billet d’avion aller-retour pour Tokyo. Le Centre NAD a rencontré Simon en entrevue qui  nous raconte son expérience et son voyage au Japon

1-Quelle a été ta réaction quand tu as appris que tu avais gagné?

J’ai appris la nouvelle seulement deux semaines avant mon départ. J’ai reçu un appel de Monsieur Raymond Mark du Ministère du Développement économique, Innovation et Exportation du Québec le lundi matin. J’avais presque oublié ma participation au concours et les chances de gagner me paraissaient faibles compte tenu que la cérémonie avant lieu seulement quelques jours plus tard.

Sommes toutes, les gens autour de moi ont sans doute réalisé plus rapidement que moi que je partais au Japon. Personnellement, ca m’a pris quelques jours pour m’en persuader et il fallait maintenant que je pense à planifier mon voyage!

2- Peux-tu nous parler de ton démo?

« Thomas » est un court métrage de 1min. 20sec. que j’ai réalisé sur une période de 8 mois, allant de ma rentrée au NAD en septembre 2009 jusqu’à la fin avril 2010 soit 4 mois de préproduction et 4 mois de production. « Thomas » raconte l’histoire d’un gamin de 7 ans qui laisse dernière lui son ourson en peluche, Matheo, pour aller voir ce qui se trouve à l’extérieur de sa maison par une journée d’automne.

J’avais envie de raconter une histoire simple. Avec un ami on avait déjà entamé un projet d’animation, mais il ne fut jamais complété. J’ai donc eu le goût de m’inspirer des premières idées et de créer quelque chose de complètement différent au final.

Les 4 premiers mois auront servi à l’apprentissage de Softimage et à la création du scénario, du storyboard et des personnages. La réelle production eu lieu entre janvier et avril, comprenant la modélisation, le rigging, l’animation, les textures, l’éclairage et les rendus.

Pour l’animation, j’ai filmé des références d’enfants en recréant le court métrage « pour vrai » de façon très simpliste. Pour la musique, j’ai pris une chance en demandant à un étudiant du Conservatoire de musique de Montréal lors d’une soirée ADESAM de composer une musique. Bref, une belle rencontre et quelques séances de piano au Conservatoire! Les sons ont été entièrement faits et enregistrés par une amie connue au Cégep de Jonquière lorsque j’étais en ATM. Antoine Laporte et Stéphanie Essiambre ont donc su donner vie à « Thomas ». Pour moi, l’audio était très important et ils ont su recréer ce que j’avais en tête.

3- Tu es parti au Japon pour recevoir ton prix. Peux-tu nous parler de ton voyage?

Le 13 octobre dernier, je quittais Montréal pour me rendre à Tokyo à temps pour la cérémonie du 15 octobre au « Tokyo Exchange Center ». La cérémonie dura quelques heures, au cours de laquelle j’assistais à la remise des prix dont un beau trophée que j’ai trimbalé avec moi pendant mon périple au Japon.

La cérémonie est à l’image de la presque perfection que le peuple japonais s’efforce d’atteindre. Les gens sont si respectueux. Le pays est vraiment sécuritaire, aucune peur de se faire voler son vélo ici, même s’il n’est pas barré! Bref, j’ai été bien reçu. Toutefois, pour les prochaines années, le jury aimerait sentir un peu plus d’innovation de la part des productions québécoises.

Je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer d’autres artistes 3D ici, mais beaucoup de photographes venus des quatre coins de la planète. Concernant l’art, à force de parler avec les japonais, je crois qu’effectivement l’art pour eux est vraiment une source d’innovation et de dépassement. Toujours chercher à faire plus, à faire mieux.

 4- Un mot pour la fin?

Je ne savais pas où « Thomas » s’en allait en ouvrant la porte de la maison et en laissant Matheo derrière lui. Peut-être allait-il au Japon? En fait, les gens en font leur propre version et c’est ce qui me plait puisque ça donne une multitude de fins différentes auxquelles je n’aurais pas songées.

Une chose est sûre, « Thomas » aura su m’ouvrir plusieurs portes sur la vie, le monde et moi-même. Il est un excellent compagnon de voyage puisque lorsque je le montre aux gens que je rencontre, les réactions finissent toujours par entamer des discussions. Et comme il ne parle pas, pas besoin de traduire en japonais!

Notons que ce concours est à l’initiative du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) et du Digital Content Association of Japan (DCAJ) qui avaient invité les artistes étudiants, amateurs ou professionnels du Québec à y participer. Le but de ce concours est d’encourager l’animation au Québec et de faire connaître le talent des artistes et de l’industrie québécoise de l’animation à l’international, notamment en Corée et au Japon.

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