Entrevue avec Gilles Adiahnot à propos de son travail sur le film Piranha 3D
Entrevue avec Gilles Adiahnot, diplômé du programme en cinéma, session automne 2008. Gilles nous raconte son expérience de trackeur chez Fake Studio sur le film Piranha 3D.
1-Quel fût ton rôle dans la production de ce film?
Pour le film Piranha 3D, j’ai occupé le poste de Matchmover/ layout artist chez Fake Studio. Plus précisément, je me suis occupé du tracking, du layout et de la rotoscopie.
2- En quoi consiste le métier de trackeur?
Le trackeur est celui qui reproduit la caméra réelle et son mouvement dans un monde virtuel. Il permet l’intégration de personnes et d’objets réels dans un monde virtuel ou celui de personnages virtuels dans un monde réel.
3- Quelles sont les difficultés et défis techniques que tu as rencontrés? Quand je suis arrivé chez Fake Studio, le projet Piranha 3D était déjà commencé, donc j’ai dû me mettre dans le bain rapidement alors que j’étais tout fraîchement sorti du NAD. De plus, mon lead tracker était en congés! Je me suis donc retrouvé tout seul mais comme j’étais bien entouré, tout c’est bien passé. Du point de vu technique, comme nous l’ont souvent dit nos profs du NAD, on peut être confronté à de nouveaux logiciels comme cela a été mon cas, mais ce fût un beau défi.
4- Quels étaient ces nouveaux logiciels?
Au Centre NAD, j’ai appris le tracking avec PFTrack et chez Fake Studio nous avons utilisé SynthEyes. En général, les différents logiciels ont leurs forces et leurs faiblesses voilà pourquoi on en utilise plusieurs tout dépendamment du plan que l’on doit tracker.
5- Y a-t-il un plan qui a été plus difficile à tracker? Si oui, lequel et pourquoi?
Oh que Oui !! Il y en a bien un qui a été plus difficile que les autres. Il s’agit d’un tracking d’une shot d’environ 200 frames dont une grande partie se trouvait sous l’eau et je disposais de très peu de frames en surface. Il m’aura fallu au total 4 jours pour avoir un tracking valable et utilisable. Toutefois, ce fût une très belle expérience au final.
6- Peux-tu expliquer pourquoi c’est plus difficile de tracker sous l’eau?
Il est difficile de faire du tracking sous l’eau car c’est un environnement en mouvement, c’est très flou et on n’y voit presque rien même en changeant les contrastes, ce qui rend difficile le placement des cibles ou des « features ».
7-Combien de temps as-tu eu pour faire le tracking? Pour le projet Piranha 3D, il nous aura fallu au moins 3 à 4 mois de boulot assez intense. A mon arrivée chez Fake Studio on était 2 pour le tracking puis, durant une courte période, je me suis retrouvé tout seul (que de stress!) et au final on était 3.
8- Que retires-tu de ta première expérience en studio après ta sortie du NAD?
Tout de suite après le NAD, je suis rentré chez Fake Studio en tant que trackeur pour travailler sur une grosse production, et je suis maintenant entouré de professionnels, le rêve quoi! Et ceci, grâce à mon passage au NAD. Le travail d’artiste 3D est avant tout un travail d’équipe et on le réalise bien quand on est en prod.
Ci-dessous le trailer du film Piranha 3D :