Portrait du mois : Daniel Lupien, diplômé du programme en cinéma et télévision

Entrevue avec Daniel Lupien (FXAU01), diplômé du programme en effets visuels en cinéma et télévision, artiste senior en environnement chez EA Montréal. 

1- Quel poste occupes-tu et au sein de quelle compagnie? Je suis artiste senior en environnement chez Electronic Art (EA) sur un jeu présentement en développement, dont je dois évidemment taire le nom.

2- Pourquoi as-tu choisi de faire carrière en 3D? Tout d’abord, j’ai eu un parcours des plus atypiques puisque je viens d’un milieu qui n’a aucun lien avec le 3D. En effet, j’ai été inhalothérapeute pendant 4 ans à l’hôpital de Montréal pour enfants en salle d’opération et je n’avais jamais vraiment touché à un ordinateur de ma vie. J’ai toujours aimé dessiner et j’adore le cinéma. En visionnant pour la 38e fois « Le Parc Jurassique » et ne retirant plus de défis dans mon emploi d’inhalothérapeute, je me suis dit, c’est ça que je veux faire et je vais le faire!  J’ai donc monté un portfolio, j’ai fait ma demande au NAD et j’ai, du coup, abandonné le domaine de la santé pour faire le grand saut en 3D !

3- En quoi le Centre NAD t’a-t-il aidé à débuter ta carrière en 3D?  Le centre NAD a été essentiel pour le lancement de ma carrière. La renommée des professeurs n’est plus à faire et les contacts que l’on s’y fait sont très précieux. Le NAD a une grande réputation et avoir cette institution à son CV, en début de carrière, est une belle corde à ajouter à son arc.

4- Quel est ton parcours professionnel? J’ai tout d’abord débuté comme pigiste pendant quelques mois en accomplissant, en autre, le clip « Dans un spoutnik » de Daniel Bélanger, récipiendaire de plusieurs prix.  J’ai par la suite fait le saut chez Ubsisoft en tant qu’artiste de texture sur le jeu « Myst Revelation ».  Après ce projet, j’ai été recruté par le département des cinématiques d’Ubisoft. J’étais en charge de l’équipe de Textures (Lead Texture). Trois ans plus tard, j’ai décidé de laisser le monde du jeu vidéo pour retourner à celui du cinéma et de la télévision. J’ai donc passé une très belle année chez Groupe Image Buzz où j’étais en charges des textures. À ce moment, EA Montréal démarrait son département de cinématiques et m’a offert de me joindre à eux pour la création d’environnements et, plus tard, à titre de Lead Asset (modeling/textures). Après une superbe aventure de presque 4 ans avec une équipe fantastique, le département des cinématiques a été aboli et j’ai été transféré auprès d’une équipe de jeu vidéo. J’y agis comme artiste senior en environnement depuis 8 mois. Au travers de tout ça, j’ai eu la chance d’enseigner pendant 2 ans le cours de textures avancées au Centre NAD, une expérience des plus enrichissantes que je recommencerais n’importe quand!

5- Qu’aimes-tu de ton métier et pourquoi? Même après 9 ans, je me lève encore avec le sourire. Je travaille avec des gens dynamiques et passionnés.  J’affronte constamment de nouveaux défis et ça m’empêche de sombrer dans une routine professionnelle meurtrière. J’adore tout le processus de création. Passer de la page blanche à l’œuvre finale est un processus des plus valorisants. Le jour où je n’aurai plus ce plaisir, je vais faire autre chose. La vie est beaucoup trop courte pour ne pas être passionné par son travail.

6- Quelles sont les qualités requises pour réussir dans ton domaine? La plus grande qualité d’un artiste 3D est sa capacité à s’adapter au changement. Bien sûr, il y a le talent, mais c’est un métier en constante évolution. Il faut continuellement apprendre de nouvelles choses, de nouveaux outils. Il ne faut pas avoir peur de relever de nouveaux défis. Avoir la capacité de sortir de sa zone de confort est probablement l’élément qui vous permettra de progresser le plus dans cette industrie.

7- As-tu un conseil à donner aux étudiants qui souhaitent faire carrière en 3D? Premièrement, que ce soit en jeux vidéo ou en film, on finit toujours par tous se croiser. Votre attitude, votre crédibilité et votre notoriété vous suivront tout au long de votre carrière. Les gens que vous côtoyé aujourd’hui pourraient très bien vous engager un jour ou avoir à donner leur opinion à votre sujet. Comme je disais précédemment, les contacts sont très importants. Il y a sûrement davantage de chance pour que vous vous trouviez un emploi à l’aide de ces contacts qu’avec votre CV/Portfolio. Deuxièmement, ne vous accaparez jamais votre travail et ne prenez aucun commentaire personnel. Nous sommes tous des artistes et ce n’est pas toujours facile de se détacher de sa création et de garder un oeil objectif face à celui-ci. Acceptez les commentaires des autres comme une bénédiction, une possibilité d’apprendre et d’améliorer votre ouvrage. L’objectif est d’offrir le meilleur produit possible tout en gardant en perspective la demande du client. Parce qu’en bout de ligne, le résultat, c’est tout ce qui compte.

7- As-tu un rêve? Un rêve? Pas particulièrement.  Je fais déjà ce que j’aime et je suis payé à le faire alors que pourrais-je demander de plus?

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