Portrait du mois : Jonathan Paquin (FX99), diplômé du programme en cinéma et télévision

Jonathan Paquin (FX99), diplômé du programme en effets visuels en cinéma et télévision, animateur chez Weta DigitalEntrevue avec Jonathan Paquin (FX99), diplômé du programme en effets visuels en cinéma et télévision, animateur chez Weta Digital.

1- Quel poste occupes-tu et au sein de quelle compagnie? Je suis présentement animateur chez Weta Digital en Nouvelle-Zélande. Mon travail consiste à peaufiner les performances d’acteurs provenant du « motion capture » et à animer tout le reste.  Ce fût la dernière ligne droite (crunch time!) sur Avatar et, ces temps-ci, un certain reporter belge du nom de Tintin et son chien occupent la plupart de mes journées.

2- Pourquoi as-tu choisi de faire carrière en 3D?
Je ne pense pas avoir eu de moment où je me suis subitement réveillé au beau milieu de la nuit pour m’exclamer que je voulais devenir animateur.  Ce fût plutôt un processus sournois qui a commencé avec le Roi Lion, Toy Story, ReBoot et l’avènement de la 3D en jeu vidéo. En fait, je n’ai jamais eu d’autres choix de carrière et j’imagine que j’ai été chanceux de choisir celui-ci et que ce soit le bon, même si des fois, je me dis qu’être pilote de F1 ça aurait aussi été pas mal cool!

3- En quoi le Centre NAD t’a-t-il aidé à débuter ta carrière en 3D? 
Hormis les connaissances de bases et les rudiments du 3D, je crois que le NAD m’a beaucoup apporté pour les contacts et l’expérience en milieu de travail.  Un professeur qui se roule par terre en plein milieu d’une pièce pour te donner une référence d’animation ça t’apprend assez tôt qu’il ne faut pas avoir peur du ridicule pour être animateur!  Loin de moi l’idée de rire d’eux car tous mes premiers emplois ou presque étaient reliés, de près ou de loin, à mes professeurs du NAD.

4- Quel est ton parcours professionnel?
J’ai eu une chance unique d’avoir un emploi avant même d’avoir terminé ma session au NAD au sein du « défunt » 4 Elements Studio pour faire les cinématiques du jeu Dukes of Hazzard.  Ensuite, j’ai travaillé un court laps de temps sur une série TV allemande chez Klik Animation pour finalement aboutir dans une boite, toujours en vie, Hybride Technologie.  J’ai donc passé 6 ans chez Hybride dans les Laurentides avant de revenir à Montréal bosser sur les castors de Bell chez Buzz (RIP) où je suis resté 2 ans en tant que lead animateur. Puis, j’ai eu besoin d’étendre mes horizons et de voir comment je me mesurais à un autre niveau et j’ai eu une offre provenant de Image Engine à Vancouver pour bosser sur un film de sci-fi d’un jeune réalisateur inconnu.  Six mois plus tard, alors que nous mettions les dernières couches de vernis sur District 9, un ancien collègue m’a demandé si je serais intéressé à venir travailler chez Weta.  Le genre d’offre qui ne se refuse pas et donc voilà comment j’ai abouti à l’autre bout du monde en Nouvelle-Zélande.  Clairement, cette dernière année passée sur District 9 et Avatar a été, de loin, la plus excitante de ma carrière et je ne pense pas avoir de si tôt l’occasion de travailler sur deux films en nomination aux Oscars la même année.

5- Qu’aimes-tu de ton métier et pourquoi?
C’est un défi presque quotidien et j’adore ça. Évidemment, il y a des jours plus difficiles que d’autres mais de voir les personnages prendre vie et souvent à partir de rien me garde généralement de bonne humeur. Je me considère chanceux de faire un travail que j’aime et qui en plus donne des résultats que les gens peuvent voir et apprécier.

6- Quelles sont les qualités requises pour réussir dans ton domaine?
On le dit souvent mais ça vaut la peine de le répéter : travaillez fort!  Ce n’est pas une industrie de tout repos et il faut aussi savoir composer avec beaucoup de stress et gérer son temps de façon efficace.  Il faut également être compétent d’un point de vue artistique mais aussi technique car il y a pas mal de chances que vous soyez face à des défis techniques majeurs et même parfois quasi-apocalyptiques!

7- As-tu un conseil à donner aux étudiants qui souhaitent faire carrière en 3D?
Apprenez de vos expériences, les bonnes comme les mauvaises.  Souvent de mauvais moments peuvent vous apprendre des choses qui vous seront utiles tout au long de votre carrière et même vous aider à passer d’une situation difficile à un résultat fantastique.  Ne négligez pas non plus le côté social de votre travail car une bonne intégration à votre équipe n’a que des avantages à offrir et c’est, sans compter les contacts que vous pouvez en tirer.  En toute honnêteté, il y a plus de chances que vous trouviez la plupart de vos emplois grâce aux gens que vous connaissez plutôt qu’avec le contenu de votre démo car souvent des gens vont adorer travailler avec vous et voir votre potentiel en milieu de travail peu importe le résultat final et les images qui en résultent. Cela étant dit, la qualité de votre travail sera toujours l’aspect le plus important de votre boulot et vous devriez toujours essayer de donner le meilleur de vous même et c’est aussi valide quand l’univers entier semble s’être mis d’accord pour rendre votre travail le plus pénible possible.  Beaucoup plus facile à dire qu’à faire mais vous seriez surpris de voir à quel point vous pouvez avancer rapidement dans la qualité du travail offert par votre superviseur quand vous acceptez les pires plans avec un sourire.  Je finirai avec un autre conseil pratico-pratique tout simple qui semble malheureusement faire défaut trop souvent, prenez des notes!!! 

8- As-tu un rêve?
Pour être franc, je pense avoir réalisé les objectifs que je m’étais donné il y a de ça très longtemps à mes débuts mais si vraiment je me dis que je retourne à ma phase ingrate de l’adolescence et que je regarde loin dans le futur ce que je voudrais faire, je voudrais être pompier, non en fait travailler chez Pixar, ce serait probablement un peu mieux! Ah et puis si ça peut démarrer un jour, travailler sur le Hobbit serait pas trop mal non plus!

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