Portrait du mois : Sébastien Primeau, Directeur Artistique, Ubisoft Montréal

Sébastien Primeau, Directeur artistiqueEntrevue avec Sébastien Primeau (JV00), diplômé du programme en jeux vidéo, Directeur Artistique chez Ubisoft, Montréal

1- Quel poste occupes-tu et au sein de quelle compagnie?
Je suis présentement Directeur Artistique au Studio d’Ubisoft Montréal, c’est un nouveau poste pour moi, très challengeant et rempli de nouveaux défis. Je travaille actuellement sur la licence Shaun White.

2- Pourquoi as-tu choisi de faire carrière en 3D?
Jurassic Park fut le film qui marqua mon existence!! Je me suis dit « C’est ce que je veux faire, de la 3D!! » Je terminais mon secondaire 5, l’école organisait une Journée Carrière, je suis donc allez rendre visite au Centre NAD. Sur les lieux, le coup de foudre : des salles remplies d’ordinateurs, d’artistes talentueux et passionnés. Je voulais en faire parti, surtout lorsque j’appris que le Centre NAD offrait une formation en Jeux vidéo…moi qui joue à des jeux depuis le bon vieux Atari 2600…un joystick, un bouton rouge…des heures de plaisir. À cette époque, j’étais encore aux couches!!

3- En quoi le Centre NAD t’a-t-il aidé à débuter ta carrière en 3D?
Le Centre NAD est une école très réputée dans le domaine de la 3D et de l’art digital. La plupart des enseignants travaillent dans l’industrie soit du jeu vidéo ou du cinéma. On y retrouve des professeurs hautement qualifiés qui partagent leur connaissance et leur savoir faire. Une personne comme moi, très motivée et curieuse d’apprendre les nouvelles technologies dans le domaine, ne pouvait souhaiter, rien de mieux, que de se retrouver avec des gens passionnés, continuellement à la recherche des meilleures façons de faire.

4- Quel est ton parcours professionnel?
J’ai commencé comme artiste généraliste pour une boite du nom de Strategy First située dans le Vieux-Port de Montréal. Disciples Dark Prophecies un Turn Base Strategy Game fut ma première expérience dans l’industrie. Par la suite, j’ai obtenu une entrevue avec Ubisoft pour un poste de level artist sur Prince of Persia The Sands of Time. À l’époque, Ubisoft comptait environ 350 employés. J’étais responsable de la modélisation, du texturing, du lighting et de la composition de 3 niveaux. J’ai beaucoup appris sur ce projet. Puis, j’ai enchainé sur Prince of Persia Warrior Within, encore une fois comme level artist. Très intéressé par l’enseignement, j’ai quitté l’industrie pour enseigner à temps plein au Centre NAD et fut aussi Directeur du Programme de Jeux vidéo. Cela fait bientôt 5 ans que je suis de retour chez Ubisoft Montréal qui compte maintenant plus de 2000 employés. J’ai fait deux prod comme lead artist, Naruto Rise of a Ninja XBOX 360 et James Cameron Avatar; The Game XBOX360 et PS3. Je travaille actuellement sur Shaun White Skate Wii comme Directeur Artistique.

5- Qu’aimes-tu de ton métier et pourquoi?
Simplement le fait de pourvoir me lever le matin et de me dire : « Oh Yeah!! j’ai hâte d’être au bureau!! » Je travaille dans le milieu du divertissement et ça serait plutôt paradoxal que de dire que je m’ennuie au travail. Chaque journée à son lot de nouveaux défis et c’est ce dont j’ai de besoin.

6- Quelles sont les qualités requises pour réussir dans ton domaine?
Être passionné d’abord et avant tout. Avoir de l’imagination c’est certain, mais cela se cultive en restant continuellement à l’affût des nouvelles technologies, des nouveaux jeux sur le marché et pour ça, il faut jouer, jouer, et re-jouer les nouveaux blockbusters ou même les vieux succès. C’est surprenant à quel point les vieux classiques sortis tout droit de notre placard peuvent nous inspirer, Mario Bros en est un parfait exemple. Parfois, il vaut mieux partir des bases fondamentales. Le plus important, c’est surtout d’être un team player!!! Celui qui travaille dans son coin et qui ne se mêle pas au reste de son équipe ne fera pas long feu. Ce n’est vraiment pas un travail pour les « loners »!

7-  As-tu un conseil à donner aux étudiants qui souhaitent faire carrière en 3D?
Être patient, ne pas brûler les étapes. Trop de gens, de nos jours, veulent avoir tout cru dans l’bec, et malheureusement, il m’a fallu faire quelques sacrifices pour en arriver où j’en suis aujourd’hui. Il faut travailler fort, mettre les bouchées doubles, ne pas se laisser décourager par la critique artistique qui parfois peut toucher la corde sensible de notre ego. Il ne faut pas s’attacher à nos créations, mais plutôt savoir prendre du recul, se comparer aux autres et s’adapter.

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