Portrait du mois : Dave Lajoie, spécialiste de produit, R&D, Industrial Light & Magic

Dave LajoieEntrevue avec Dave Lajoie (FX94), diplômé du programme Film et télévision, spécialiste de produit, R&D, Industrial Light & Magic (ILM) 

1- Pour quelle entreprise travaillez-vous et quel est votre poste?
Je suis très heureux de travailler au sein de la société Industrial Light & Magic (ILM) en tant que membre de l’équipe de recherche et développement (R&D). Parmi mes fonctions, j’assure la liaison stratégique entre les équipes de R&D et de production en ce qui a trait à leurs outils internes ainsi qu’aux processus de production.

2- Pourquoi avoir choisi une carrière en animation 3D? Il y a plusieurs années, j’ai assisté à une exposition appelée « Images du futur ». Cette exposition se déroulait dans le Vieux-Montréal. Chaque année, j’assistais à cette exposition et j’avais le plaisir de voir des courts métrages d’animation par ordinateur. J’ai vu pour la première fois des courts métrages de Pixar, comme « Knick Knack », « Tin Toy », ainsi que d’autres courts métrages dont « Tony de Peltry ». Je me suis dit : « Ça y’est! C’est ce que je veux faire! »

C’était mon premier contact avec le rendu d’image de synthèse! À cette époque, il me fallait prendre une décision sur ce que je voulais faire avec ma carrière. Je me suis organisé pour visiter une entreprise de Montréal qui concevait des annonces publicitaires télévisées avec les produits Alias. Si ma mémoire est bonne, l’entreprise s’appelait « le 11e Ciel ». J’ai demandé à la direction (dans le cadre d’un projet scolaire) si je pouvais visiter l’entreprise et en apprendre un peu plus sur le travail d’un spécialiste en imagerie de synthèse. J’ai vu une animation 3D en wireframe d’une publicité de snowboard et je vous avoue qu’à cette époque, c’était le summum de l’animation! Une seule question qui se posait : Comment puis-je apprendre cette discipline? À l’époque, aucune école n’enseignait l’infographie 3D puisqu’il s’agissait d’une science hautement spécialisée et complexe. C’était une période assez difficile pour moi étant donné que je ne savais pas comment me lancer dans ce domaine.

J’en suis arrivé à choisir l’électronique et je suis devenu un spécialiste en conception et fabrication assistées par ordinateur (CAO/FAO) chez Memotec/Teleglobe. Pendant mon séjour au collège (cégep), un ami, Andre DesRochers, m’a formé sur Adobe Photoshop et Adobe Illustrator. J’ai alors acheté un ordinateur MAC SE/30 avec une carte de couleurs Radius de 24 bits et un logiciel appelé StrataVision 3D. J’ai commencé à créer des images 3D pour des imprimés. J’en suis arrivé à un point où j’avais suffisamment d’images 3D dans mon portfolio. Cette année-là, le Centre NAD a été fondé, et j’ai présenté une demande pour m’inscrire en tant qu’étudiant, et devinez quoi…

3- En quoi le Centre NAD vous a-t-il aidé à entreprendre une carrière en 3D?
La formation que j’ai suivie couvrait plusieurs aspects. C’était vraiment une formation complète : de la formation sur Unix, des scripts C shell, du rendu d’image à distance, des principes 3D, des principes d’animation (logiciel et techniques), du compositing et du décor. Tout ce que nous avions besoin pour être compétents dans le domaine de la production! Nous utilisions la fine pointe de la technologie.

4- Quel est votre cheminement de carrière?
Eh bien, après des études au Centre NAD, j’ai occupé de nombreux rôles dans des entreprises de logiciels commerciaux. Peu de temps après avoir terminé ma formation au Centre NAD, j’ai commencé à travailler chez Softimage en tant que contrôleur d’assurance de la qualité (AQ) sur Softimage 3D. Au même moment, l’équipe de R&D intégrait Mental Ray à Softimage 3D. Marc Petit (vice-président directeur du secteur Média et divertissement chez Autodesk) a été le premier à me former à l’utilisation de Mental Ray, ce qui m’a permis de faire des contrôles d’intégration. Au cours de mes dix ans (ou presque) chez Softimage, j’ai occupé une variété de postes, passant de responsable de l’AQ, designer de produits, chargé de projets spéciaux, à directeur de la formation, et travaillant sur la gamme de produits de Softimage : Softimage 3D, Twister, Sumatra et XSI.

Après mon séjour chez Softimage, j’ai joint les rangs d’une compagnie de Montréal pour bâtir un pipeline de production et faire de la recherche et du développement. À un moment donné, j’ai eu une discussion avec Autodesk concernant un produit appelé « Toxik ». Peu de temps après, je me suis joint à l’équipe d’Autodesk pour travailler sur ce nouvel environnement collaboratif pour le compositing. J’ai travaillé sur Toxik pendant un peu plus d’un an en tant que responsable de l’AQ. Autodesk a alors fait l’annonce de l’achat d’Alias. J’ai aidé l’entreprise en dirigeant une équipe d’AQ 3D, touchant à toutes les applications 3D chez Autodesk. Après les transactions d’achat et toutes les transitions connexes terminées, je me suis joint à l’équipe de produits Autodesk Maya où j’ai agi comme designer de rendu de produit. Mon rôle était de me concentrer sur l’intégration Mental Ray. J’ai collaboré avec l’équipe de rendu de Maya et l’équipe Toxik pour créer les passes de rendu de Maya 2009 ainsi que sur l’infrastructure permettant le pont entre Toxik et Maya et permettant de faire de la pre-composition des passes de rendu.

5- Qu’appréciez-vous de votre profession?
Partager des idées avec les clients, les collègues sur des méthodes innovantes pour améliorer les outils et les processus. Mais la meilleure chose au sujet de ma profession est de voir que les gens utilisent les outils sur lesquels j’ai travaillé et ont du plaisir à les utiliser. C’est étonnant de voir comment les gens peuvent être passionnés du produit ou des outils sur lesquels vous avez travaillé. C’est le meilleur aspect de mon travail!

6- Quelles sont les qualités nécessaires pour réussir dans votre domaine/profession?
Savoir écouter, être capable de synthétiser une grande quantité de données sous une forme compacte et priorisée, des compétences en communication, faire preuve de collaboration, un esprit curieux, être créatif et innovateur dans l’âme; ce sont toutes des qualités essentielles!

7- Avez-vous des conseils à donner aux étudiants qui souhaitent faire carrière en 3D?
J’ai en fait un grand nombre de conseils à leur donner.

  1. Choisissez une spécialité (animation, pipeline, production technique, modélisation, montage, etc.) et soyez le MEILLEUR dans votre domaine.
  2. N’ayez pas peur de travailler! Un effort soutenu portera ses fruits avec le temps.
  3. Ne vous attendez pas qu’on vous reconnaisse pour votre travail dès le début. Toute reconnaissance viendra avec le temps.
  4. Considérez les conseils et les commentaires comme un cadeau car il s’agit d’une occasion pour vous de vous améliorer.
  5. Pensez toujours à votre prochain choix de carrière, soyez prêt en développant une nouvelle compétence, en apprenant de nouvelles technologies afin que vous puissiez rester toujours à la fine pointe.
  6. Traitez les autres avec respect; on ne sait jamais, quelqu’un de votre entourage pourrait devenir votre patron un jour. Rappelez-vous que la communauté 3D, des effets visuels et des jeux est un petit monde.
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